vendredi 21 août 2009
Merci...

Parce que c'est ici que tout a commencé...
Parce que c'est en partageant nos écrits que nous nous sommes aimés...
Parce que le début du web "social" nous a unis sans crier gare,
Et sans tenir compte de ces fameux 807 kilomètres,
Il fallait aussi que je remercie simplement... Mon blog, et celui de Gérald même s'il n'existe plus.
Nous nous sommes mariés le 1er août 2009.
jeudi 26 mars 2009
Pour sourire...

Moi qui travaille au quotidien avec un enfant autiste, j'ai été très touchée par ce petit fait divers... Trouvé ici ...
Si l'on se met un tout petit peu à la place de l'enfant, si l'on essaye de penser un peu comme lui... Si l'on se sort de notre modèle de pensée terre-à-terre... Que de progrès seront faits!
mercredi 18 mars 2009
à vot' bon coeur m'sieurs dames!
Notre liste de mariage est dans cette agence :)
("Elsa et Gérald" devrait suffire comme référence...
Je ne veux pas publier de nom de famille sur le blog...)
Sinon, vous pouvez aussi cliquer ici pour recevoir des cartes postales de notre voyage !!
Au fait, c'est pour le premier août!
vendredi 30 janvier 2009
Les nouvelles se font rares
Tiens, c'est vrai, j'ai un blog... Je dois dire que depuis qu'on est en 2009, année du boeuf, je n'ai pas beaucoup pensé à poster quoi que ce soit ici. Rattrapons-nous avec un bref résumé du mois de janvier.
Tout a commencé par quarante centimètres de neige. Moi qui n'en espérais pas cinq, qui désespérais de cet hiver pas froid, qui étais en manque de ma jolie région quelque peu glacée en cette période... Je fus ravie de découvrir toute cette poudreuse, et très amusée de voir à quel point elle a paralysé Marseille et sa région. Il est vrai que même dans une autre région, cette quantité de neige, et tombée en si peu de temps, aurait été un peu difficile à gérer. Mais Marseille bat les records. En bref, nous avons eu quelques dimanches au milieu de la semaine, des gamins ravis qui skiaient sur tout ce qui est skiable, des centaines de pins parasols, de cèdres, de cyprès cassés sous le poids de la neige. Je découvre jour après jour à quel point Marseille est... folklorique.
Ont suivi un tas de jours de grisaille. Je commence à comprendre les marseillais, et surtout les marseillaises, qui se plaignent, geignent, pleurnichent, couinent, dès que le Soleil a le malheur de se planquer derrière un nuage. Moi qui riais d'eux, je dois admettre que la grisaille ne sied pas du tout, mais vraiment pas à cette ville. Sous les nuages, ou pire, sous la pluie, Marseille semble vieille, triste, endormie. On dirait que tout - les rues, les maisons, la végétation, les gens - attend le retour du Dieu Râ. Ici, c'est lui qui fait la loi. Et quand il est présent, c'est comme une joie qui flotte dans l'air, comme un renouveau. Aujourd'hui, le temps ressemble au temps du mois de mars en Alsace. Le fond de l'air est frais mais le soleil réchauffe tout (ce qui n'empêche pas les marseillais de se cailler).
Je continue d'observer cette ville et ses habitants, je continue d'en tomber amoureuse, je continue de m'y sentir chez moi. Comme si la Méditerranée était dans mes gènes, comme si j'avais trouvé ma place.
Pour finir, j'ai une bonne et une mauvaise nouvelle. La mauvaise ? J'ai été terrassée par une méchante grippe qui m'a laissée couchée pendant trois jours. Et la bonne... Pour ceux qui ne savent pas, ce blog m'a permis, il y a déjà quelques années, de rencontrer Gérald... Et bien nous allons nous marier cet été!
jeudi 8 janvier 2009
Un an !!!

Aujourd'hui ça fait un an que je n'ai pas touché une cigarette!
Cette fois c'était la bonne!
jeudi 1 janvier 2009
Jeu d'écriture!
Tout d'abord, veuillez avoir l'obligeance d'accepter mes voeux pour cette année 2009. Il semblerait qu'elle soit porteuse d'événements joyeux, mais ça je vous en parlerai un autre jour.
Et ensuite, les résultats tant attendus, promis avant 2009 (mea culpa), du dernier jeu d'écriture dont vous retrouverez les consignes ici. Le débat avec mon cher et tendre fut difficile, mais pas sur la nouvelle gagnante, se trouvant être bien au-dessus des autres : celle que m'a envoyée Zofia. Elle gagne un petit cadeau et la publication de son texte ici-même.
Voyez vous-même ci-dessous, comme ce texte, déjà doté d'une belle écriture, nous tient en haleine jusqu'au bout... Et donne envie de crier à l'injustice!
La difficulté s'est montrée lorsque nous avons décidé de publier deux autres textes pour montrer un peu la variété obtenue... Vous les lirez ici dans les jours qui viennent!
Le texte de Zofia :
Maux muets
Cela faisait presque 3
jours que la pluie n’avait pas cessé de tomber. La boue avait tout recouvert et
l’humidité collait à tout, la végétation, les animaux, les gens. Trois jours
que je regardais mon père rentrer, ruisselant, glacé, les bras chargés de bois
coupé. Malheureusement, il ne serait pas utilisable avant plusieurs mois.
Ma mère s’affairait à la maison, nettoyant la terre
et l’eau qui s’engouffraient par le toit, la porte et les fissures. Le vent
soufflait, je croyais que la maison n’allait jamais tenir. Notre vieille maison
où grand-mère était morte, où j’étais née. Un taudis mais je n’avais rien connu
d’autre. Une grande pièce, un mobilier dépareillé, défraichit et pas
d’intimité.
A ma droite, sur le grand mur du fond, il y avait la
cheminée, qui tirait plus que de raison. En face, le lit de mes parents et au
milieu une grande table en bois qui séparait l’espace ; ça et là quelques
meubles épars, des rangements, une petite commode, une malle contenant la robe
de mariée de ma grand-mère. Je n’avais pas le droit d’y toucher mais je
l’imaginais parfois, en me disant que peut-être je porterais son voile, un jour.
Faisant face à la cheminée, la porte d’entrée et
sur la droite en entrant, nos deux lits, faiblement séparés, juste la place
pour le pot de chambre.
Gaëtan ne voulait pas dormir à côté de la fenêtre,
il avait peut que le diable l’enlève.
Il en parlait souvent. Du diable.
La cheminée grondait mais
ne suffisait pas à me réchauffer. Cela paraissait logique puisque depuis trois
jours, j’étais là, postée à la fenêtre, à attendre. Attendre que le temps
s’arrange, que je puisse retrouver la liberté du grand air et du travail aux
champs. Avec cette pluie, impossible de faire quoique ce soit, l’obscurité du
ciel et le manque d’éclairage rendaient tous travaux intérieurs quasiment
impossibles.
J’attendais. Quand il y avait une accalmie, je
sortais rapidement faire un tour dans l’étable, jeter un œil angoissé sur les
vaches. Le foin n’allait pas tarder à manquer, la récolte avait été plus que
mauvaise. Je ne rêvais pas d’une autre vie, je ne connaissais que celle-là, je
ne connaissais rien.
Le troisième jour, mon
frère est rentré plus tôt que d’habitude du village. Il avait l’autorisation de
sortir malgré la pluie et le risque d’attraper une pneumonie. J’étais jalouse
de cette liberté. Je crois que mon père voulait me préserver. Il comptait sur
la dot de mon mariage pour améliorer son quotidien.
Il est rentré plus tôt et depuis ce troisième jour
de pluie de cet automne déplorable, il n’a plus ouvert la bouche. Je n’ai plus
entendu le son de sa voix. J’ai mis longtemps à comprendre les raisons, trop
jeune, trop insouciante, trop malheureuse. Pourtant c’était à cause de moi,
malgré moi, que tout le monde avait compris.
C’était le 13 novembre 1912, en plein hiver
aveyronnais.
Gaëtan avait 8 ans depuis
quelques mois, il allait au village 3 jours par semaine, suivre une instruction
rudimentaire alternant classe et religion. Il était plutôt bon élève mais
préférait nettement aider à la ferme. Il n’était pas encore assez fort pour
s’occuper de tous les travaux possibles mais il était malin et pouvait réussir
là où on ne l’attendait pas. Il savait surprendre, du moins, il me surprenait
presque toujours, mon père en était fier. Il savait que la ferme serait entre
de bonnes mains après sa mort. Tout aurait du être parfait.
La vie à la ferme n’était pas facile mais je savais
que ma vie ne s’y ferait pas, j’attendais d’être mariée. Contrairement à Gaëtan
qui s’extasiait de chaque chose nouvelle, de chaque nouvelle naissance, de
chaque œuf pondu ou de chaque carotte ramassée. Il était petit mais il me
manquait déjà. Son sourire me manquerait.
Ce jour de pluie où Gaëtan
rentra plus tôt, il était terrorisé. Il s’est tu comme si le diable lui avait
coupé les cordes vocales, il le craignait tellement.
Au début, personne ne s’en est vraiment rendu
compte. Mes parents s’affairaient et je rêvassais. Au repas, il n’a ouvert la
bouche que pour manger.
Dans l’obscurité de la soirée, j’ai entendu mes
parents parler. Ils se demandaient de quelle façon le punir pour son manque de
politesse. Je croyais que son effronterie ne durerait qu’un temps, je
m’interrogeais sur les raisons de sa rébellion. Je pensais que le lendemain, il
parlerait.
Mais rien n’y a fait, ni les menaces ni les coups
de ceinture de mon père. Il n’a pas versé une larme de la journée.
La pluie s’est calmée et la vie a pu retrouver un
semblant de normalité. Je sortais aider, les réparations dues aux intempéries
étaient multiples, mon frère faisait ce qu’il pouvait du haut de ses huit ans.
Le silence était toujours de mise.
La colère a fait place à l’inquiétude. Ma mère
invoquait la vierge marie, mon père ruminait sur un virus qui lui aurait rongé
les cordes vocales. Intérieurement, je savais que ce silence n’était pas
normal, je ne savais pas de quoi il en retournait. Jusque là mon frère n’avait
aucun souci pour se confier. Il me racontait ses journées et ce qu’il aimerait
faire. Mais j’avais droit au même mutisme, ma douceur ne l’amadouait pas. Mon regard
suppliant non plus. On hésitait à aller chercher le médecin du village.
La nuit suivante, je me réveillais en sursaut et
dans le noir, j’entendais gémir. J’ai su que cela venait de Gaëtan. Il bougeait
dans son lit, en proie à des cauchemars, des mots se bousculaient, incohérents,
parlant de diable, de messe, de ténèbres. Angoissée, je regardais son corps
tout frêle, trembler de sueur sous les draps.
Le lendemain, j’en parlais à ma mère. Ce qui la
décida à envoyer mon père chercher le docteur.
Qui n’en conclut rien. Il ne connaissait pas de
maladies qui rendaient muet, il n’a pu que constater que Gaëtan se portait
bien, à part une fatigue due à ces mauvaises nuits. La visite avait coûté les
sous de la semaine et Gaëtan ne parlait toujours pas. Son regard avait
légèrement changé mais il m’a fallut attendre cette visite pour le remarquer.
Les jours se sont transformés en semaines, Gaëtan
n’allait plus au village, même avec mon père. L’inquiétude mes parents était
toujours très forte mais elle était accompagnée d’une douce résignation. Ma
mère pleurait parfois et Gaëtan faisait toujours ses mauvais rêves.
La veille de Noël, tout a basculé. Mon père a
craqué. La colère a pris le pas sur son apparente indifférence. Les cris
étaient atroces, les douleurs aussi. Personne ne dormit vraiment.
La
fatigue finit par avoir raison de la colère paternelle. Mon père s’écroula au
milieu d’une phrase. La tempête familiale se calma, au moins jusqu’au
lendemain.
Quelques heures plus tard, j’émergeais la première,
nauséeuse et bouleversée, à l’aube du jour de Noël le plus important de ma vie.
Cet instant où la nuit se retire, il ne fait plus noir mais il ne fait pas
jour. Il faisait un gris terne sans soleil, depuis, l’aube fait partie de mes
heures préférées, avant que tout arrive, où tout est presque oublié.
Je sentais que tout serait différent.
Gaëtan dormait, toujours agité. Je le regardais.
Mon regard accrocha sa main. Il tenait une page de cahier déchirée, des crayons
étaient à terre. Je voulais voir mais je ne voulais surtout pas le réveiller.
J’attrapais doucement le bout de papier. Le dessin était sommaire, sans grâce,
presque schématisé. Inconsciemment, je compris ce qu’il en était mais ne voulu
pas le voir. Pourtant le dessin était sans équivoque, simple mais limpide.
Gaëtan était dessus, je l’ai reconnu à ses cheveux
roux, nu, sa bouche était dessinée comme clouée avec des croix noires. Il avait
dû beaucoup appuyer avec le crayon, le papier était presque troué. Des diables
étaient dessinés partout sur le reste de la page. Et un homme, dont l’habit le
rendait facilement identifiable, posait ses mains sur le corps de Gaëtan. Elles
étaient partout, Gaëtan en avait dessiné plusieurs. L’homme portait sur la tête
des cornes de diable, son sourire était maléfique.
Il était habillé d’une soutane.
Un cri m’échappa.
Je savais que tôt ou tard, mes parents tomberaient
sur le dessin. Je ne pensais pas que ça serait si vite…
La
mère surprit mon cri, se leva et en une seconde, regardait le dessin par-dessus
mon épaule, vaguement effrayée.
A partir de là, l’agitation ne cessa plus.
Elle réveilla mon père en pleurant, elle réveilla
Gaëtan en lui montrant son dessin. Toute la crainte du monde se lut dans ses
yeux. Il savait que ça serait grave mais jamais il n’aurait pu imaginer à quel
point.
On trouva d’autres dessins fait par Gaëtan, tous du
même genre. Impossible de savoir depuis quand ils étaient là, depuis combien de
temps cela durait. Ma mère glissa tout dans son sac. Elle disait qu’il fallait
tout brûler, que personne ne devait jamais être au courant, si au village
quelqu’un l’apprenait tout basculerait.
Je
me demandais comment elle pouvait agir de la sorte, ce qui la motivait. Oh bien
sûr, du haut de mes quatorze ans, je ne me doutais pas des conséquences. La
honte, la réputation, je ne connaissais pas. Je vivais mes dernières heures
d’insouciance dans la tristesse.
Je pensais à Gaëtan, à son changement brutal.
Pourquoi tout avait changé d’un coup. Visiblement, nous n’avions rien vu mais
ce qui se passait avec le prêtre durait, au moins depuis la rentrée scolaire.
Deux longs mois. Comment je n’avais rien vu, rien compris. Je me vantais être
celle qui le connaissait le mieux et je me rendais compte qu’il avait souffert
dans la solitude, sans oser se confier. Gaëtan et ses yeux verts, curieux
devenus craintifs, ses cheveux roux, ce n’était encore qu’un enfant. J’en étais
malade. Mon impuissance me rendait furieuse.
Je l’entourais de mes bras durant toute la journée,
en susurrant des berceuses dans le creux de son oreille. Il sursautait parfois,
s’assoupissait sans calme.
Mes parents cherchaient à dissimuler ce qu’ils se
disaient. Mais ils ne pouvaient cacher la tension qui perçait dans leurs
phrases, les pointes d’aigu, les hoquets de sanglots, les débuts de cris.
Le repas de Noël se fit sans goût.
J’habillais mon frère pour partir à la messe. Il
tremblait, je n’entendis pas la sonnette d’alarme qui hurlait au fond de mon
cœur. Je voulais trouver du réconfort dans le froid glacial de l’église, dans
les cantiques, dans le regard de Marie. Je croyais que tout pourrait se
réparer.
La pluie de novembre avait
cédé la place à la neige. Le froid était perçant, brûlant. Heureusement que le
vent ne soufflait pas.
Devant l’église se tenait tout notre petit village.
Tout le monde venait à la messe de Noël. Il y avait ceux qui y croyaient
vraiment et ceux qui ne voulaient pas se faire remarquer. C’était un peu notre
cas. Mais ce soir, j’allais y chercher plus que de la reconnaissance.
Le prêtre dans son bel habit de fête, commença son
sermon. Gaëtan ne cessa pas de pleurer tout au long de la messe. Je le
regardais en coin. Sa tête était baissée, il pleurait en silence, doucement. Mes
parents plongés dans la prière, dans le doute et dans l’absolution demeuraient
fermés à la douleur de Gaëtan.
A
la sortie de l’église, l’homme de dieu saluait les fidèles. Nous attendions
pour sortir. Il y avait du monde devant nous. Je le voyais se rapprocher et
j’appréhendais.
Ça y est, c’était à nous. Gaëtan se figea quand le
prêtre approcha la main de ses cheveux. Il était devenu un bloc de cristal,
immobile de dureté et d’angoisse.
Tout se passa très vite.
Gaëtan hurla. J’en restais pétrifiée. J’entends
encore son « SALE DIABLE ! » sortir et parcourir toute la voûte
de la chapelle, rouler de résonance et s’éteindre après ce qui me parut être
une éternité. Sa voix qui m’avait tant manqué. Elle n’avait plus rien de sa
douceur enfantine. Elle était rauque, troublée et si puissante.
Il se remit à hurler, des propos que tout le monde
prit pour des incohérences, mais que je compris très bien.
Ma mère s’était décomposée, mon père devint fou. Il
chercha à faire taire Gaëtan par tous les moyens. Il l’assomma presque en lui
donnant une gifle. Cela calma les cris mais pas les pleurs. Mon Gaëtan était
sous le choc, de la rencontre, de la gifle, de l’émotion qui le submergeait.
Comment gérer ça quand on a huit ans ?
L’explosion de mon frère avait ramené tout le
village dans l’église, tous regardaient, chacun était sur ses gardes. Il y
avait de la tension, on aurait dit un duel déséquilibré.
Mon père se confondit en
excuses, le prêtre le regardait, moitié conciliant moitié offensé. Son regard
était dédaigneux. Sa voix était glaciale quand il demandait comment Gaëtan
pouvait oser le traiter de cette façon, lui qui faisait tant de choses pour cet
enfant, pour notre famille.
A ce moment-là, je fis probablement la chose que
j’ai le plus regrettée de toute ma vie. Je montrais au prêtre, au maire, aux
villageois un des dessins de Gaëtan.
Le murmure grandit. Mon père décocha une nouvelle
gifle. La force du coup rendit ma joue rouge vif et les yeux me piquèrent. Je
restais de marbre.
Le dessin était au sol. Le prêtre se baissa et le
ramassa doucement. Et dans un rictus mauvais décrit l’image à voix haute,
rajoutant des annotations personnelles : « Gaëtan est un enfant
difficile, il met du temps à apprendre, je crois bien que notre seigneur ne l’a
pas envoyé sur terre pour qu’il fasse des études. L’instruction se doit d’être
réservée aux personnes qui le méritent. Gaëtan descend vers les enfers alors
qu’il n’a que huit ans. Ne lui en veuillez pas, il est… possédé. Ce n’est pas
sa faute, sa famille est une bénédiction pour le démon, infidèles, pêcheurs…
Nous devons leur pardonner cet écart. »
Même si le contenu était conciliant, le mal était
fait. Personne ne nous regarderait plus de la même façon. Ceux qui avaient des
doutes, entendaient là une confirmation. Les autres entendaient la conscience
de Dieu dans les paroles d’un vieillard.
Nous serions des parias, des exclus. La vie au
village deviendrait encore plus difficile à supporter. Mon esprit connaissait
déjà toutes les conséquences. Personne ne voudrait plus nous acheter les
produits de la ferme, ma mère aurait du mal à se fournir en nourriture. La peur
d’être contaminée serait trop forte, tenace comme de la suie et glaciale comme un
matin de janvier.
Les
choses se calmèrent peu à peu. Le discours du prêtre avait expliqué la
situation, rétabli l’ordre et donné des raisons au comportement de Gaëtan. Des
raisons qui satisfaisaient tout le monde, y compris mes parents. Honteux de
l’évènement, ils balbutiaient des regrets à l’assemblée avec des regards
éplorés, condamnés, et sincèrement malheureux. Pas pour les bonnes raisons.
De
retour à la maison, l’atmosphère était extrême, à la fois insensible et
terrifiante. Je couchais un Gaëtan fiévreux. Je me collais contre lui dans
l’espoir que mon corps le réchauffe un peu. Tout était froid, de son âme à ses
pieds.
L’avenir sentait mauvais et je n’avais pas envie
d’être à demain.
A
notre réveil, la ferme était vide. J’écoutais les bruits du dehors. Le
hennissement d’un cheval, une phrase de mon père, je jetais un œil à la pièce.
Il ne restait rien, en dehors de notre lit. Mes parents avaient décidé, on
allait déménager. Il me semblait que cette solution était la meilleure. Rester
dans ce village où tout allait être difficile, la méfiance devenant le point
commun des habitants, c’était le meilleur pour Gaëtan. Je voulais retrouver mon
petit frère.
Lorsque
tout le monde embarqua dans la charrette que mon père avait achetée, je jetais
un dernier regard sur ce que j’avais connu de mieux en 14 ans de vie. Je
remarquais que la maison n’était pas complètement vide. Il restait le lit de
Gaëtan.
Je ne m’en inquiétais pas, ou tellement peu qu’aujourd’hui,
j’ai oublié. J’aurais dû me manifester, sentir quelque chose.
Aucun de nous ne prononça
un mot. Nous avancions lentement, la température était basse, rendant la
progression délicate sur les petits chemins. J’ignore combien de temps il s’écoula
avant que nous stoppions.
Autour de nous, la forêt, un carré d’herbe gelée,
un entrelacs d’arbres sans feuille et plusieurs chemins. Le ciel était bleu. Il
me semblait entendre le bruit d’un cours d’eau mais je n’ai jamais su si
c’était vrai. Ça aurait pu être un dimanche en famille.
Mon père descendit, attrapa Gaëtan et un sac qu’il
lui remit. J’avoue ne pas avoir compris de suite la signification de ce geste.
Le dernier regard de mon
père à Gaëtan a été un échange muet. Il y avait de la souffrance, de la peur et
du désespoir chez Gaëtan. Chez mon père, en revanche, c’était de la résignation,
de la déception et de la honte.
Le cheval est reparti et ma mère me tenait
fermement. Aujourd’hui, je revois la scène au ralenti avec de l’horreur dans
les yeux. La culpabilité m’a rongé.
La dernière image que j’ai de Gaëtan est celle d’un
enfant déboussolé, dans une clairière, un matin d’hiver 1912, abandonné.
Abandonné par les siens.
samedi 20 décembre 2008
Une petite semaine...
Quelle chance j'ai de pouvoir monter à Notre Dame de la Garde à pied un mercredi, et voir le Marché de Noël de Strasbourg la semaine suivante!
Passez tous de bonnes fêtes, et pensez aussi à vous reposer...
vendredi 21 novembre 2008
Des nouvelles du front

La vie, c'est marrant. Il y a des moments d'attente qui paraissent si longs... Et des moments où tout vous tombe dessus en l'espace de quelques jours. J'ai posté une petite lettre à l'inspection académique, et voilà que je suis embauchée! Évidemment, ce genre de nouvelle tombe toujours quand vous avez des tas de choses à gérer, alors que les deux mois précédents étaient beauuuuuuucoup plus calmes!
Nous avions ma Mamy en visite une semaine, ce qui implique forcément sorties, tourisme, etc, mais il a fallu qu'ils veuillent de moi tout de suite. Finalement, j'ai réussi à commencer ce lundi... Avec moult paperasse, visite médicale, coups de fils à effectuer.
Mon poste ? Ce n'est pas le métier de ma vie, mais plutôt un premier pas sur le terrain. J'ai charge toute la journée (enfin à mi-temps) d'un enfant handicapé, en l'occurrence un petit garçon autiste et une petite fille déficiente visuelle. Je veille à ce qu'ils puissent avoir une scolarité presque ordinaire. Le travail me plaît. Il m'ouvrira sans doute des portes dans ma recherche de métier. Entre l'éducation et le soin...
De plus, j'ai été affectée dans deux écoles toutes proches de chez moi.
J'ai une grande facilité avec les enfants. Reste à voir combien de temps il me faudra pour m'intégrer dans l'équipe éducative. Vu ma timidité (en diminution) et l'habitude marseillaise de beaucoup parler, ça ne devrait pas mettre trop de temps. Toutefois, je sens qu'il y a quand même un cap à passer...
La fatigue s'est fait ressentir très vite, par ailleurs... Il va me falloir un peu de temps pour prendre un rythme, d'autant plus qu'hier, je n'y suis pas allée, école fermée pour cause de grève! Et encore une fois, c'est une grève que je soutiens de tout mon cœur.
Je pense abandonner au plus vite les triplés pour lesquels je fais de l'aide aux devoirs tous les soirs... Sont sympa, mais tellement hautains déjà à six ans... Je frôle la colère certains soirs, ces gosses de riches sont insupportables! De plus, à leur école (privée), la méthode de lecture b-a-ba (syllabique) a toujours cours... Je vois bien que c'est très difficile pour eux d'apprendre avec cette méthode, surtout que leur motivation est souvent bien basse ("la télé c'est plus facile")... Mais je ne peux pas changer de pédagogie, ce serait pire!
Pour compléter les nouvelles, il me faut ajouter que pour la première fois depuis des années, je n'ai pas échappé à la gastro nouvelle. Cerise sur le gâteau, je l'ai gentiment refilée à Gérald!
PS. Je vous conseille ordonne d'aller faire un tour sur ce blog : "Mon beau sapin" créé par la talentueuse Pénélope Jolicœur! Et d'y retourner au moins une fois par jour jusqu'à Noël, pour votre plaisir et pour celui des enfants de familles défavorisées.
vendredi 7 novembre 2008
Marseille sous les nuages


Vue imprenable de la météo ce matin...
Une partie de la ville était sous un nuage très bas!
lundi 3 novembre 2008
The Women City... Un truc de filles...
J'ai découvert récemment une nouvelle façon de faire du shopping sur la toile... Il y a des années que j'achète sur Internet, mais voilà une idée innovante qui m'a séduite et que je me dois de partager avec les lecteurs de mon blog : TheWomenCity est un site communautaire sur lequel vous pouvez consulter des infos, gagner de l'argent et organiser votre emploi du temps en fonction de vos envies! Il regroupe plusieurs sites partenaires (3 Suisses, bebloom, cadeaux.com, etam, Fauchon, Fnac, Interflora, Nature et Découvertes, et tant d'autres...), sur lesquels vous payerez moins cher en vous présentant comme membre de The women city, sous forme de remboursement (système de Cashback).
Mais il n'y a pas que ça! The Women City, c'est aussi un magazine féminin "Esprit city" (contenant des rubriques mode, beauté, couple et enfants, bref de quoi lire un bon magazine féminin gratuitement et sans gaspillage de papier)! Il y a des petites annonces, un comparateur de prix, des ventes privées... Un réel plaisir pour moi que de découvrir ce nouveau concept... Pour nous les filles, mais aussi pour notre compagnon, nos enfants, notre nid douillet...
Un vrai choix de boutiques, de très nombreux articles en vente, c'est tout simplement LE bon plan du moment!
Je n'ai jamais vu un site qui vous offrait de l'argent pour acheter!
Donc, j'invite mes lectrices à se rendre sur ce site, qui me semble vraiment prometteur... D'autant plus que TheWomenCity.com est une communauté féminine basée sur la mutualisation du shopping sur Internet. Quésako ? Cela veut simplement dire que plus on sera nombreuses, plus les marchands reverseront de l’argent à la communauté, plus les membres toucheront de l’argent sur leur compte Fidelicity...
Alors... Qu'est-ce que vous faites encore sur mon blog ? Filez sur Thewomencity.com !
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