lundi 7 juillet 2008
Doutes

Après la déception d'avoir raté le concours, est venue une sorte de soulagement. C'est bizarre à dire, mais je suis sûre que ce n'est pas un soulagement pour masquer ma tristesse. Depuis quelques temps je doutais beaucoup quant à ma volonté de devenir maîtresse d'école. Pas que je sois incapable d'enseigner, mais plutôt de gérer vingt cinq enfants tout au long de la journée. Je ne m'imagine finalement pas bien dans ce métier.
Le problème, c'est que je n'ai pas encore trouvé la solution de rechange. Je n'ai qu'une licence de psychologie, je ne peux pas m'arrêter là, il va donc falloir que je trouve des idées dans les deux mois qui viennent. Un autre concours sans doute. Les inscriptions en BTS sont déjà fermées en juillet. Je me laisse le temps de la réflexion, je me connais, je vais trouver. En tout cas je me vois mal revivre cette quantité de stress encore une année, sans parler du stress que j'ai fait subir à ceux que j'aime... Mais qui sait ? Peut-être que je vais quand même le refaire.
En tout cas merci à tous ceux qui m'ont témoigné leur soutien, par commentaire, par mail, ou dans le "vrai monde". Merci à vous.
Merci Joëlle pour tes citations, elles représentent ce que je pense depuis des années déjà : tout échec a des aspects positifs.
mardi 13 mai 2008
Stress

Gros soleil ici... Mais je reste chez moi, et à vrai dire je n'ai pas vraiment envie de sortir, sans Gérald c'est moins bien. Et puis il y a ces révisions, les révisions peut-être les plus stressantes de ma vie et ce pour deux raisons : d'abord, ce sont des oraux, et les oraux c'est bien plus de pression que les écrits ; et en plus, ces oraux, je révise mais je ne suis même pas sûre de les passer!
Ajoutez à cela mon départ imminent pour Marseille. Le fait de rejoindre mon chéri ne me stresse pas mais le côté pragmatique du déménagement va être un peu... complexe.
D'autre part, j'ai un tas de questions qui me trottent à propos de l'après-concours... Je sais qu'elles sont prématurées, mais je ne peux m'en empêcher. Et je m'énerve tous les jours à la lecture des informations, car tous les jours ils font une nouvelle trouvaille pour casser l'équilibre du pays.
Voyez donc à quel point ma tête bouillonne ces temps-ci. Mais ça va sinon, le moral est bon, ma santé aussi je crois. Et je suis assez fière car en ces temps de stress je n'ai pas envie de fumer. Je crois bien que j'ai arrêté pour de bon (déjà quatre mois)!
Sur ce, je vous souhaite une bonne semaine.
NB. Mes swaps en cours avancent bien :)
mardi 8 avril 2008
Un an de plus

Aujourd'hui j'ai 23 ans. Je me rends compte que de plus en plus souvent, j'utilise des expressions comme "il y a dix ans", "quand j'étais au lycée, à la fac"... C'est drôle, le temps passe sans qu'on s'en aperçoive et on ne réalise cela que lors de rares réflexions.
Ma vie prend un sens qui me plaît beaucoup. Je me sens bien, je suis entourée de gens que j'aime et qui m'aiment, et je suis heureuse des choix de vie que j'ai faits.
J'ai des moments de cafard, comme tout le monde, et il m'arrive encore de pleurer mon frère, à larmes silencieuses. Je suis stressée par ce si proche concours qui demande énormément de bachotage. Mais je ne me sens plus perdue comme j'étais encore il y a un an seulement. J'ai repris confiance en la vie, en les gens, en moi-même.
Et aujourd'hui, on fête aussi quelque chose d'important pour moi : trois mois sans cigarette et plus du tout d'envie de fumer.
dimanche 3 février 2008
Clonons-nous uniformisons-nous banalisons-nous

Dimanche ensoleillé et froid. Ici il doit faire trois degrés. Les voitures sont en train de dégeler à mesure que le soleil leur tape dessus. J'ai vu qu'à Marseille il fait dix degrés de plus. Je pense qu'il me faudra un temps d'adaptation, car plus de dix degrés en plein hiver je trouve ça incongru. J'aime le froid sec qu'on a ici en Alsace. Je détestais les hivers humides et boueux des Ardennes, j'ai aimé les hivers auvergnats, secs et froids comme dans mon berceau alsacien. J'ai attrapé des sinusites en Charentes-Maritimes. Je ne me faisais pas au vent. Qu'est-ce que ça va être avec le mistral! J'ai pourtant hâte d'y être, hâte de passer mon premier hiver avec mon amour, hâte de voir la Méditerranée grise et agitée.
En y réfléchissant, on se rend compte qu'on a un pays balayé de tout un tas de climats différents. Ca, c'est pas difficile à savoir, on l'apprend à l'école. Mais comme toujours on a beau savoir, le vivre c'est tout autre chose. J'ai traîné dans divers endroits en France et, sans parler des cultures, de la gastronomie, des paysages et des gens qui sont toute une diversité, rien qu'en observant le climat, on prend la mesure de la richesse française. D'ailleurs, quand je vois qu'on essaye de transformer toutes les villes en copies de Paris, quand je vois qu'on uniformise les campagnes et les gens, quand je pense que le bigmac est le même à Montluçon et au Havre, quand je pense à tout ça, rien qu'à l'échelle de la France, quand je pense à tout ça je suis triste.
En descendant par les petites routes en vacances vers la côte d'Azur, ma mère nous faisait observer l'évolution des campagnes. Du nord au sud, des grands champs communautaires sans clôture, de grandes fermes et des maisons à toits très pentus et petites fenêtres, puis progessivement de plus petits champs en bocage, fermés par des haies, et des maisons individuelles à toits de plus en plus plats, percées de grandes fenêtres. Elle nous faisait remarquer, à notre niveau d'enfants, l'immense diversité du paysage.
Et moi je me dis, je leur montrerai quoi à mes enfants ? Quand il fera très chaud en Alsace comme en région PACA, quand toutes les habitations seront cubiques, quand les seules routes à parcourir seront les autoroutes, quand les champs s'étendront à perte de vue quelle que soit la région... Je me dis que nos enfants grandiront dans un univers uniforme et aussi pessimiste que cela puisse paraître, je me dis que la moindre différence aura des difficulté à être perçue comme une richesse.
En attendant, j'ai bien envie de partir me promener dans ma ville. De m'emmitoufler et d'aller respirer l'air froid, évidemment avec l'iPod sur les oreilles et le téléphone en poche. Evidemment avec mes bottes à la mode. Dans ma Strasbourg modernisée métamorphosée depuis l'arrivée du Parlement Européen, dans ma Strasbourg qui a perdu beaucoup de charme, elle aussi.
En écoutant : Frank Sinatra, The best of
samedi 26 janvier 2008
Apprendre à me ménager

Stress et crise de larmes...
Fatigue, irritabilité...
La situation politique, l'arrêt de la cigarette depuis bientôt trois semaines, et surtout la pression que je me mets pour ce concours. Je ne me suis pas inscrite à la fac cette année, je reste enfermée chez moi à préparer le concours d'instit.
J'ai commencé en octobre, sur les chapeaux de roue, avec une énergie énorme que je croyais inépuisable. Je m'énervais chaque jour un peu plus en écoutant les infos, je me demandais chaque jour un peu plus pour rentrer dans mon planning de révisions. Là-dessus, le 8 janvier, je décide de me passer de dame Nicotine... Avouez que cela fait beaucoup. Et je m'étonne de perdre peu à peu ma volonté et mes forces. Je m'en demande toujours trop à moi-même.
Comme si réussir ce concours cette année conditionnait mon avenir. Même sans le concours je partirai à Marseille. Ce serait mieux avec, naturellement. Foutu caractère, foutue exigence envers moi-même.
Ca, ça me vient de ma maman, c'est sûr. Je suis athée mais de culture protestante, et un protestant est tout ce qu'il y a de plus tolérant, sauf envers lui-même. Quelque part ça pousse vers le haut, mais c'est épuisant.
Alors de temps en temps, une fois par an peut-être, je pète un plomb, je pleure, je m'en veux de ne pas tenir mes plannings humainement impossibles, je me trouve incroyablement flemmarde...
Il m'a dit, alors que je pensais sérieusement retourner chez monsieur l'analyste, que je n'avais qu'une chose à faire : une pause! Hum, ça paraît peut-être évident pour quelqu'un d'extérieur... Mais moi jamais je n'y aurais pensé car c'est aussi synonyme de retard sur ce con de planning. Bref, l'homme de ma vie et moi avons beaucoup parlé, puis j'ai bossé un peu moins ces derniers jours (mais bossé quand même, faut pas non plus exagérer).
Je suis sortie me balader, j'ai écouté beaucoup de musique (moi qui ne vis pas sans, je l'avais trop délaissée), j'ai pris soin de moi (au lieu de prendre des douches en vitesse j'ai pris le temps de chouchouter mon corps).
Et me voilà à nouveau d'applomb.
Quelques jours d'activité moins importante et je peux repartir. Avec la résolution (à tenir!) d'écouter un peu plus les signes de fatigue et de m'arrêter à temps.
Hier, pour changer du café, j'ai pris une tisane indienne que m'avait offert Gérald. A chaque sachet il y a une petite phrase, un petit conseil pour être plus "zen", et il y avait écrit, comme par hasard :
A relaxed mind is a creative mind.
samedi 15 décembre 2007
Continuer à devenir...






dimanche 2 décembre 2007
Certitude

Il y a des certitudes dans ce monde constitué de doutes. Si aucune théorie, quelqu'en soit la discipline, ne se pose comme vraie, si toutes les théories sont à remettre en cause par définition, si une théorie ne reste finalement qu'une hypothèse acceptée...
Moi j'ai une certitude, au moins une.
Aucun doute, Il est celui qu'il me faut.
Vous savez, tant qu'on n'a pas rencontré celui qui.., on vit dans le doute et l'on se contente de ce qu'on a. C'est comme ça que je suis restée si longtemps avec un autre. Croyant qu'il allait changer. Croyant que ça changerait. Croyant qu'on finirait par s'entendre et s'aimer. C'est comme ça qu'une amourette d'adolescents s'est transformée, trop vite, en vie de couple sans piment. C'est en me contentant de ce que j'avais.
Mais je ne pouvais pas savoir.
Comment aurais-je pu imaginer qu'il existait, celui avec qui c'est bien plus que du contentement mais une joie quotidienne... J'avais rêvé à cela comme toute jeune fille regarde au loin et se fabrique un prince charmant. Comment aurais-ju pu croire une seule seconde que cet homme existait, si près dans la blogosphère... A seulement 807 kilomètres...
Nous avons ouvert nos blogs respectifs à quelques jours d'écart. Il a fallu plus de deux ans pour nous aimer et nous rencontrer.
La certitude est une joie. Savoir qu'être avec lui est ce qui me convient le mieux. Me demander souvent si mes parents et les siens se sont mis d'accord pour nous fabriquer aussi... complémentaires.
La certitude apaise. Pas d'angoisse, pas de questions. Une confiance pleine dans cette histoire. Un bonheur sans cesse renouvelé... Du piment, de la passion, mais aussi de la sérénité.
Je ne savais pas que cela existait...
Photo : Les amoureux, R. Doisneau
jeudi 27 septembre 2007
Deuil

"On croit d'abord qu'il faut faire le deuil des lieux qui furent détruits, des gens qui nous furent arrachés... Et un jour on découvre que c'est de soi qu'il faut faire le deuil, ce soi intact auquel il faut renoncer.
Faire un deuil c'est consentir à devenir quelqu'un d'autre..."
(Relevé au fil de vagabondages bloguesques)
samedi 16 juin 2007
Carpe diem

Les hommes ont qualifié le papillon d'éphémère, oubliant que leur vie elle aussi ne tenait qu'à un fil...
Mes pensées s'en vont aujourd'hui vers ceux qu'on nous a enlevés trop tôt, ceux dont le fil d'Ariane fut coupé prématurément... Si l'on peut parler de prématurition à ce propos. Particulièrement à toi frérot, qui changerais de dizaine aujourd'hui, si...
samedi 24 mars 2007
De 5 en 5
J'ai piqué l'idée chez Nelka... Retour sur les années de ma vie finissant par 2 et 7.
1982 : Je ne suis même pas encore une idée. Mes parents ne se connaissent pas. Dans trois ans je naîtrai à Strasbourg.
1987 : J'ai deux ans. Mes parents, mon petit frère et moi vivons à Strasbourg. Mes parents s'aiment. Je crois que c'est une belle période de nos vies.
1992 : A sept ans je suis en CE1 dans une école du quartier. Une petite soeur est née. J'ai appris à lire et c'est une véritable passion : je dévore tout ce qui peut se lire et me couche très tard. L'institutrice me secoue régulièrement comme un prunier, elle trouve que je rêvasse trop (c'est vrai que s'arrêter en plein exercice pour rêver ça fausse les résultats scolaires)... Néanmoins, il a été proposé à mes parents de me faire sauter une classe (c'est la mode à cette époque), ils ont refusé et je les en remercie.
1997 : Douze ans. Nous avons déménagé dans un autre quartier de Strasbourg et je me retrouve dans un collège de ZEP. Très absorbée par des problèmes existentiels et des réflexions métaphysiques, je suis dans un monde parallèle, le mien. Du coup, je ne me fais pas beaucoup d'amis. Je souffre beaucoup des méchancetés que me font quelques filles de ma classe. Je me réfugie dans mes livres, encore. J'ai décidé de classer ceux-ci par ordre alphabétique et par genre, comme au CDI du collège (où j'emprunte plusieurs fois par semaine). J'écoute des boys bands, ce qui exaspère sans doute mes parents, et colle des posters de ces groupes sur les murs de ma chambre.
2002 : J'ai dix-sept ans et passe des mois difficiles. Je vis pendant un an loin de mes parents (qui eux-mêmes se sont séparés), chez les parents de mon premier amour, à Rochefort (17). Je passe mes vacances scolaires dans des trains, entre l'Auvergne (où vit maintenant ma mère), Strasbourg (où est mon père avec sa nouvelle compagne) et Rochefort. Quand je le quitte, en milieu d'année scolaire, je décide de rester chez eux jusqu'au Bac Français, ce qui ne se fera pas en fin de compte, tellement l'ambiance se dégrade jour après jour. Je (re)découvre les Doors, Velvet Underground, Neil Young et un tas d'autres (je ne m'étais jamais auparavant intéressée à la musique qu'écoute mon père). Mes notes s'effondrent et je pars avant la fin de l'année scolaire. J'obtiens pourtant de bonnes notes en français. Je m'installe à Strasbourg chez mon père (ce qui provoque de gros problèmes avec ma mère) et entre en terminale S avec de grosses lacunes. Je commence à écrire beaucoup, à lire un peu moins.
2007 : J'ai presque vingt-deux ans. J'ai finalement eu mon bac et j'essaye d'avoir une licence de psychologie. J'ai perdu mon frère. Rencontré l'homme de ma vie. Passé tous les aspects de ma vie en revue, décidé de ce qui était important pour moi, de ce qui est superflu, encombrant. Ma famille s'est complètement réorganisée elle aussi, depuis que mon frère n'est plus là. Nous commençons à aller mieux, après quelques crises difficiles - mais constructives, chacun trouve à nouveau sa place. Je n'ai plus le temps de lire autre chose que des livres de psycho. Je pense arrêter la psycho et passer un concours (bibliothécaire ?), quand j'aurai cette foutue licence. J'ai toujours des problèmes relationnels avec ma mère, mais j'ai fait de grands pas.
2012 : J'ai vingt-sept ans. Avec un peu de chance, la France est toujours un pays où l'on peut se permettre d'être soi-même. Je vis avec mon chéri, nous avons un ou deux gamins, et nous coulons des jours heureux. Nous avons la chance de ne pas trop manquer de fric, nous pouvons manger, avons un toit et surtout, nous sommes ensemble. Car le plus important dans la vie, sachez-le, c'est d'être avec ceux qu'on aime, d'être bien avec eux, et qu'ils se sentent bien. Apporter, recevoir. C'est d'avoir suffisamment de liberté pour être ensemble tous les jours. Avoir chaque jour du temps pour soi et pour les siens. Bosser pour vivre oui, mais pas vivre pour bosser...


